Situé en pays découvert, un peu à l'écart de la
route de Bitche à Deux-Ponts, le village de Lengelsheim s'est
développé le long des ruisseaux du Bittenbach
et de l'Himersbach, qui confluent en contrebas de l'église Saint-Laurent pour
former le Breidenbach. Bien que
totalement détruites au cours de la seconde guerre mondiale, les
maisons ont retrouvé au moment de leur reconstruction leur
volume et leur allure générale d'autrefois.
Table des matières
I. Histoire
Du point de vue spirituel, le village de Lengelsheim constitue très longtemps une succursale de la vaste et fort ancienne paroisse voisine de Schorbach,
dans l'archiprêtré de Hornbach, aujourd'hui en proche
Allemagne. Suite à la réforme des circonscriptions
ecclésiastiques entreprise à partir de 1802, la localité est
érigée en 1804 en paroisse indépendante du nouvel
archiprêtré de Volmunster, calqué sur le canton.
II. Édifice
L'église paroissiale, dédiée à
saint Laurent, domine le village au nord avec le
presbytère. Elle est construite en 1818-1819,
en remplacement d'une petite chapelle, dédiée aux Saints Anges. Une hypothèse
affirme qu'elle aurait donné son nom au village : Engel, l'ange, serait
à l'origine de Lengelsheim. Une inscription avec la date 1819 est portée sur le
portail occidental. En grès et moellon enduit, l'édifice, de plan allongé à
vaisseau unique, est de type église-grange avec chevet polygonal. La
tour-clocher est hors-œuvre en façade. Le toit est à longs pans et la flèche
polygonale. L'église se
situe dans la tradition des églises bâties tout au long du XVIIIe siècle dans la
région. Datant des XVIIIe et XIXe siècles, une tombe anonyme et quatre
croix de cimetières remarquables s'élèvent encore
dans le cimetière communal, entourant toujours l'église Saint-Laurent.
III. Mobilier
1. Chaire à prêcher
La chaire à prêcher, en chêne taillé, est
peint en faux-bois, dorée et peinte en polychromie pour les
personnages, avec un décor d'ornementation
végétale. Adossée au mur Nord de la nef, elle date
du premier quart du XVIIIe siècle et représente les
quatre Saints Évangélistes et leurs symboles
trétramorphes sur les faces de la cuve ; on peut voir la figure
du Bon Pasteur sur le dorsal, tandis qu'un ange jouant de la trompette
est sculptée en ronde-bosse sur le faîte de
l'abat-voix.
2. Lambris
Le chœur de l'église est recouvert de lambris de
demi-revêtement, datant de la construction de
l'église, en sapin mouluré et peint en
faux-bois.
3. Placard
Situé dans la sacristie, un placard en chêne
taillé et peint monochrome, datant du XVIIIe siècle,
est particulièrement remarquable. Abritant actuellement le
coffre-fort, il représente le triangle de la Très
Sainte-Trinité.
4. Croix d'autel
Datant du XVIIIe siècle, une croix
d'autel, en laiton et en fonte, est située sur l'autel
latéral droit : la tige est rivetée et le Christ est
vissé. D'auteur inconnu, elle mesure près de soixante
centimètres de hauteur et est à rapprocher de la croix
d'autel de
Bousseviller.
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5. Vitraux
Les
vitraux, datés du quatrième quart du XIXe siècle,
sont l'œuvre de Victor Hörner, peintre-verrier
installé à Nancy ; la fabrique s'est adressée à cet atelier,
tout comme le village d'
Etting situé plus au Sud, contrairement à la tendance générale du
Bitscherland à cette époque de se tourner vers les
ateliers allemands ou alsaciens. En verre transparent coloré et
en grisaille sur verre, ils représentent saint Jacques le
Majeur, saint Antoine de Padoue,
saint Nicolas, sainte Catherine,
sainte Élisabeth de Hongrie, un saint Évêque ainsi que saint
Laurent, patron de la paroisse. Les figures bibliques que sont
saint Pierre, l'Immaculée Conception de la Très Sainte
Vierge Marie et sainte Anne sont aussi représentées.
6. Statues
Le chemin de croix, en plâtre moulé
et peint monochrome, date de la seconde moitié du XIXe siècle et recouvre les murs de la nef et du chœur.
Plusieurs statues en plâtre sont installées dans
l'édifice : sur le mur Sud de la nef, on découvre sainte
Jeanne d'Arc, saint Louis de Gonzague (appelé localement saint
Aloyse), l'Ange gardien et le Sacré-Cœur, ainsi qu'un
gisant du Christ au tombeau ; le mur Nord de la nef nous
présente
Notre-Dame de Lourdes, une Vierge à l'Enfant et
saint Joseph, ainsi qu'un gisant de sainte Thérèse
l'Enfant-Jésus ; dans le chœur, on peut voir le Christ en
Croix, ainsi que la Très Sainte Vierge et saint Jean au
Calvaire, tandis qu'un ange porte-torchère en pendant est
placé de part et d'autre du maître-autel.
Située contre le mur Sud, au-dessus du confessionnal, le
haut-relief de l'Assomption de la Très Sainte Vierge, en
plâtre polychrome, date de la seconde moitié du XIXe
siècle. Une statue de sainte Barbe, exécutée
dans un atelier munichois, date de la même époque et est
située contre le mur Nord. Datant du XIXe siècle, une
statue de saint Laurent, en bois blanc polychrome, est placée
sur le retable de l'autel latéral droit. Une statuette du
même saint était placée dans une niche, au-dessus
du portail de l'église. Les mains et le gril du martyre
étaient manquantes. En bois polychrome, elle datait du XVIIIe
siècle et a été dérobée dans la nuit du 13 au 14 mars 1982.
IV. Presbytère
Le presbytère est une belle bâtisse, construite au pied de l'église
paroissiale Saint-Laurent. Le bâtiment date du XVIIIe siècle : il est exhaussé au cours du XIXe
siècle et est par la suite restauré, après les
importants dégâts causés par les combats et les bombardements de la seconde guerre mondiale. En
grès et moellon enduit, il s'agit d'un édifice
carré possédant un étage. Le toit est à
longs pans avec croupe.
V. Notes et références
VI. Annexes
1. Bibliographie
- HENNER (Gérard, dir.), Lengelsheim des origines à aujourd'hui : le 19ème siècle d'un catholicisme omniprésent, Sarreguemines, Éditions sarregueminoises, 2006.
- JACOPS
(Marie-France), GUILLAUME (Jacques), HEMMERT (Didier), Le Pays de Bitche
(Moselle), Metz, Éditions Serpenoise, 1990, p. 71.
- JACOPS (Marie-France), « L'ameublement de l'église Saint-Laurent de
Lengelsheim (1865-1899) », dans La revue du pays de Bitche, avril 2005, num. 6, p.
26-37, ill., plan.
- JACOPS (Marie-France), « La
dévotion mariale des habitants de Lengelsheim
à l'Immaculée Conception et à Notre-Dame de
Lourdes, lisible à travers leurs croix de chemin et leurs grottes », dans HENNER (Gérard, dir.), Lengelsheim des origines à aujourd'hui : le 19ème siècle d'un catholicisme omniprésent, p. 81-89, ill.
- Service régional de l'inventaire de Lorraine : notices de l'église Saint-Laurent et de son mobilier.
2. Liens internes