Culte de sainte Marguerite dans le Bitscherland

Le Bitscherland possède un patrimoine religieux très riche. Il recèle de charmantes petites chapelles et d'églises remarquables, d'humbles oratoires nichés à la lisière des forêts. Son territoire est parsemé de très nombreux calvaires et croix de chemin, rappelant au promeneur la foi de ceux qui l'ont précédé dans ce pays. La situation de la région, sur les marges de la Lorraine catholique, entraînant l'affirmation d'une foi vive face aux protestants des pays voisins, confortée par une vieille tradition religieuse d'une bonne partie des émigrants, explique la prédominance du patrimoine religieux, qui a laissé son empreinte dans le paysage artistique. Une empreinte toujours renouvelée, tant les mentalités restent profondément ancrées dans leurs traditions.

Table des matières

III. Statues V. Notes et références VI. Annexes
     
IV. Croix

I. Hagiographie

Faisant partie du groupe des saints auxiliaires, sainte Marguerite d'Antioche de Pisidie est une vierge martyre du IVe siècle, fêtée le 20 juillet. La tradition, véhiculée notamment par la Légende dorée de Jacques de Voragine, rapporte que la pieuse femme aurait été avalée par un monstre, dont elle transperça miraculeusement le ventre pour en sortir. C'est la raison pour laquelle elle est représentée généralement « issant du dragon » (1).

Photographie de l'abbé Pefferkorn, conservée aux archives départementales de la Moselle et présentant les vestiges de la chapelle Sainte-Marguerite d'Olferding au début du XXe siècle. Les ruines de la chapelle Sainte-Marguerite d'Olferding, à Gros-Réderching, datent du XVe siècle (photographie de la communauté de paroisses Saint-Wendelin de Rohrbach-lès-Bitche). La chapelle des Saints se situe à la lisière du bois du Grossenwald, à droite de la route menant de Schweyen à Rolbing. La statue de sainte Marguerite, dominant le dragon, surplombe le petit sanctuaire de la chapelle des saints à Schweyen.

II. Chapelles

1. Olferding

Dans le Bitscherland, on peut citer deux lieux de culte qui ont un lien tout particulier avec la sainte. Il s'agit tout d'abord de la chapelle Sainte-Marguerite du hameau d'Olferding, situé entre Gros-Réderching et Bettviller : datant du XVe siècle, elle constituait le but d'un pélerinage à sainte Marguerite, invoquée en ce lieu pour la protection du bétail, ainsi que lors de grandes sécheresses. Un autel avec retable, réalisé par le sculpteur Johann Martersteck et fourni en 1755, a disparu depuis bien des années. Le bel édifice est malheureusement en ruines depuis le début du XXe siècle, malgré une tentative de sauvegarde en 1972 qui a échoué (2, 3).

2. Schweyen

Le second oratoire est la chapelle des saints à Schweyen, aussi appelée localement Heiligenhäusel, qui est située en bordure de la route menant à Rolbing. Un premier édifice a pu exister en ce lieu dès le XVIIIe siècle et aurait été en partie rebâti en 1883, puis reconstruit à l'identique vers 1955-1956 après les dégâts de la seconde guerre mondiale. La chapelle doit très vraisemblablement son nom aux statues des saints qui s'y trouvaient avant la dernière guerre : Notre-Dame des Sept-Douleurs, sainte Marguerite, saint Wendelin, saint Blaise et saint Georges. La chapelle des Saints constituait le but d'un ancien pélerinage à sainte Marguerite, invoquée en ce lieu par les femmes enceintes. Une nouvelle statue de la sainte, tenant en laisse le dragon et portant la palme du martyre, trône dans une niche au-dessus de l'autel depuis la restauration des années 1950.

La croix se situe à droite de la chapelle des Saints à Schweyen et date de la première décennie du XIXe siècle. Saint Wendelin et sainte Marguerite sont représentés sur le registre supérieur du fût de la croix de la chapelle des saints de Schweyen. La croix adossée à la façade de l'église de Schweyen date sans doute de la première moitié du XIXe siècle (photographie du service régional de l'inventaire). Sainte Marguerite et saint Wendelin occupent le registre inférieur du fût de la croix de l'église de Schweyen (photographie du service régional de l'inventaire).

III. Statues

Figurant au sein du groupe des saints auxiliaires, une statue de sainte Marguerite est située dans la Pauluskapelle ou chapelle Saint-Paul de Soucht. En terre cuite, elle date très vraisemblablement du milieu du XIXe siècle, quelques années avant l'annexion allemande de 1871, puisque le nom des statues est inscrit en français. Une statue de sainte Marguerite, terrassant le dragon, est située dans une niche creusée dans le mur Est de la Felsenkapelle de Schorbach.

IV. Croix

1. Gros-Réderching

Une croix monumentale est adossée à la chapelle Saint-Donat de Singling, à Gros-RéderchingÉrigée en 1776, elle est formée d'un large fût-stèle sur lequel les Douze Apôtres sont regroupés en trois registres sous une série d'arcatures. La base élargie de la croix est ornée des figures de sainte Marguerite agenouillée avec sa croix et de saint Wendelin avec sa houlette, encadrant la Très Sainte Vierge Marie (note 1).

2. Lengelsheim

croix cimetière

3. Schweyen

Sur le ban communal de Schweyen, une croix de chemin, datant de la première décennie du XIXe siècle, se dresse à droite de la chapelle des Saints, à laquelle elle a sans doute donné son nom. Sainte Marguerite apparaît sur le registre supérieur du fût-stèle à côté de saint Wendelin, tandis qu'un saint évêque - sans doute saint Blaise - et la Sainte Vierge sont représentés sur le registre inférieur. Une croix monumentale est adossée à la façade de l'église Saint-Wendelin du même village de Schweyen (note 2), à droite de la porte. Datant vraisemblablement de la première moitié du XIXe siècle, elle présente un fût-stèle sur lequel apparaissent quatre personnages, répartis en deux registres : on découvre sainte Marguerite, transperçant le dragon avec la Croix, et saint Wendelin sur le registre inférieur, ainsi que sainte Apolline et saint Jacques sur le registre supérieur.

4. Siersthal

Une croix monumentale est érigée dans le hameau de Holbach à Siersthal, en bordure de la rue Notre-Dame-de-Fatima montant vers le sanctuaire marial de la localité.
Élevée en 1810 aux frais des habitants du Wasenberg, en l'honneur de Dieu, elle se se situe au niveau de la maison n. 15. Les trois personnes de la Sainte-Trinité sont représentées sur le croisillon, tandis que sainte Marguerite et saint Pierre apparaissent sur la face du fût-stèle, surmontés d'un dais et encadrés par deux cierges : la sainte est accompagnée du dragon qu'elle tient en laisse, tandis que le Prince des Apôtres est reconnaissable grâce au coq, symbole de son reniement du Christ lors de la Passion, ainsi qu'aux clefs du Paradis qu'il porte à la ceinture. Sur le ban de la même commune de Siersthal, une croix de chemin se dresse au lieu-dit Umbach. Elle est élevée en 1869 aux frais de Michaël Winstein et de son épouse Margaretha Schneider et représente les saints patrons des commenditaires, l'archange saint Michel et sa balance, ainsi que sainte Marguerite.

Dans le hameau de Holbach à Siersthal, la croix monumentale de 1810 se situe dans la montée menant au sanctuaire Notre-Dame-de-Fatima. Sur le fût de la croix de Holbach, sainte Marguerite est reconnaissable grâce au dragon qu'elle tient en laisse.

5. Waldhouse

Une croix de chemin est érigée à Waldhouse, en bordure de la route menant à Breidenbach. Datant de la première moitié du XIXe siècle, elle présente sur la face du fût galbé en élévation les figures de sainte Marguerite, sortant du dragon en brandissant la croix, et de saint Wendelin, au milieu de ses moutons, tous deux vêtus à la mode du XIXe siècle.

V. Notes et références

1. Notes

1. On peut supposer, sans réelle crainte de se tromper, que la présence de sainte Marguerite sur la croix de la chapelle de Singling est à mettre en lien avec le culte dont elle fait l'objet à la chapelle d'Olferding, toutes deux situées sur le territoire de la paroisse de Gros-Réderching.
2. Tout comme à Gros-Réderching, le culte de sainte Marguerite dans le village de Schweyen et sa présence sur la croix de la rue de l'église sont très vraisemblablement liés à sa vénération dans la chapelle des saints depuis le XVIIIe siècle.

2. Références

1. Marguerite d'Antioche. (26 avril 2011). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée le 24 septembre 2011 (auteurs).
2. Base Mérimée : notice de la chapelle Sainte-Marguerite d'Olferding (page consultée le 22 octobre 2011).
3. JACOPS, GUILLAUME et HEMMERT, 1990, p. 9 (voir bibliographie).

VI. Annexes

1. Bibliographie
2. Liens internes
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