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2. Élévations
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6. Influences
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3. Toitures
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« Les élévations sont d'une grande diversité, cette variété étant tributaire de l'importance de la maison. Les plus modestes - celles des ouvriers et des petits propriétaires agricoles - sont limitées à un seul niveau et percées de deux ou trois fenêtres et d'une porte piétonne souvent précédée d'un escalier. Les plus importantes - celles des laboureurs et, dans la région de Goetzenbruck et de Meisenthal, celles des verriers - comportent quatre à huit travées de baies sur deux ou trois niveaux soulignés par un bandeau. À l'une des extrémités de la façade, une porte charretière en plein cintre, plus rarement à linteau droit, s'ouvre sur la grange. Les murs-pignons, largement percés, présentent une ordonnance » (Le Pays de Bitche, p. 14).
« Toutes les toitures, en revanche, se ressemblent : elles sont à forte pente avec une demi-croupe et traditionnellement couvertes de tuiles en écaille, les Biberschwänze ou queues de castor de l'Alsace. Le système de couverture le plus archaïque consistait à utiliser des joints de bois fendu, les Schindeln, placés entre les tuiles, afin d'éviter un recouvrement trop coûteux et trop lourd. Quelques exemples subsistent encore, à Philippsbourg par exemple » (Le Pays de Bitche, p. 14).
« La distribution intérieure varie selon qu'il s'agit de petites ou de grosses exploitations agricoles mais aussi selon le nombre des étages. Dans les maisons modestes, il y a trois ou quatre pièces : la cuisine, la Stub (le poële de la Lorraine centrale), toujours la plus importante et ouverte sur la façade antérieure, et deux chambres plus petites, les Stübele. Quand il y a un étage d'habitation, celui-ci comporte aussi quatre chambres distribuées par un petit couloir. Quant au grenier, le Hohbin, on y accède par une échelle de meunier. Dans les grosses maisons, la distribution des pièces, généralement plus grandes, est assurée par un couloir transversal, qui se retrouve à l'étage. À la fin du XVIIe et dans les premières décennies du XVIIIe siècle, les plafonds des pièces d'habitation, à poutres et solives apparentes, comportent parfois des entrevous en plâtre moulé à décor végétal ou d'inspiration religieuse, les Estriche, comme à l'auberge du Tilleul à Bining. Les caves, présentes sous le logis quand il est surélevé, ne sont jamais voûtées dans les maisons modestes, et en pays couvert, plus accidenté, on a souvent profité de la pente du terrain pour les aménager dans le rocher, à l'extérieur de la maison. En pays couvert encore, des bûchers isolés, les Holzschoppen, sont des constructions légères, en sapin ou en chêne, à claire-voie pour assurer le séchage du bois de chauffage » (Le Pays de Bitche, p. 14).
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« Les baies sont passées d'une forme rectangulaire horizontale proche du carré au XVIIe siècle, à une forme verticale aux XVIIIe et XIXe siècles. Parallèlement, la modénature s'est simplifiée pour disparaître complètement au XIXe siècle. Mais ce n'est pas là qu'il faut chercher le décor, son support privilégié étant presque uniquement la porte du logis. À la fin du XVIIe et dans le premier quart du XVIIIe siècles, l'encadrement se prolonge dans le linteau, avec des décrochements délimitant un tympan qui porte une date, parfois le nom [- ou plus souvent les initiales -] des propriétaires, et des éléments décoratifs. Dans le courant du XVIIIe siècle, les linteaux sont délardés en arc segmentaire et moulurés, tandis que le décor, limité à l'agrafe, s'inspire d'éléments religieux (monogramme du Christ, croix, cœur percé de trois clous) ou profanes (quatrefeuille, pot de fleurs et insignes professionnels). Parfois, de longues inscriptions religieuses à caractère prophylactique ou destinées à repousser les calamités naturelles (le feu, la foudre, l'incendie) se développent sur un cartouche placé en façade ou sur une sablière, comme à Achen ou à Eguelshardt.
À l'extrême fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, un atelier de sculpture installé à Rahling a diffusé dans les villages alentour un modèle de porte bien reconnaissable : les piédroits, ornés de tables à contour chantourné, sont prolongés par des éléments décoratifs cannelés, ornés d'une fleur largement épanouie, qui imitent des chapiteaux. Le linteau, en arc segmentaire, porte toujours un panier ou un bouquet de fleurs et parfois une guirlande, des lions affrontés ou encore des insignes professionnels. À Goetzenbruck, quelques années plus tard, on trouve toute une série de linteaux, qui renouvellent complètement le décor. Particulièrement développés et fortement architecturés, ils sont surmontés d'un amortissement pyramidal et empruntent leurs éléments décoratifs au vocabulaire classique (piastres enfilés, denticules, oves et rais de cœur, baguettes enrubannées), multipliant les guirlandes et les cassolettes » (Le Pays de Bitche, p. 14).
« Aux marges de la Lorraine centrale, à la fois par sa position géographique et par son histoire, le Pays de Bitche s'est tout naturellement tourné vers les pays et les régions limitrophes, qu'il s'agisse du Palatinat, de l'Alsace et, à un bien moindre degré, du Pays de Sarreguemines. Cette ouverture vers le Nord et l'Est s'est traduite dans le domaine économique, les circuits d'échanges se faisant surtout avec l'Alsace, mais plus encore dans le domaine artistique. L'architecture, qu'elle soit rurale ou urbaine, est fortement apparentée à l'architecture alsacienne dans ses volumes, sa distribution, le percement des élévations, la forme et le matériau de couverture des toitures et même le décor, que l'on retrouve sur les maisons de l'Alsace bossue. En revanche, quand il existe, le village-rue à maisons jointives est caractéristique de la « Lorraine de l'intérieur », selon l'expression régionale. Il en va de même pour tout le patrimoine, plus souvent marqué par des influences germaniques que françaises. La désertification des campagnes au lendemain de la terrible guerre de Trente Ans [(1618-1648)], la ruine totale des édifices religieux et du riche mobilier qu'ils renfermaient, tout comme l'abandon massif des maisons à la ville et à la campagne ont nécessité une reconstruction totale du pays, une fois la paix revenue, qui a commencé[e] à la fin du XVIIe et s'est poursuivie pendant les premières décennies du XVIIIe siècle. Le repeuplement de la région par des étrangers (Picards, Savoyards, Auvergnats, Luxembourgeois, Italiens mais surtout Tyroliens, Suisses et Allemands du Sud, ceux-ci étant souvent d'humbles artisans spécialisés dans le bâtiment), explique l'importance de leur rôle dans cette reconstruction.
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Des entrepreneurs comme le tyrolien Jacques Nat, installé à Bitche, des maçons comme la famille Gabenesch à Bining, eux aussi originaires du Tyrol, de même que les Burtscher, les Schaller et les Berger, venus de Dalaas au Vorarlberg et établis comme tailleurs de pierre, maçons et entrepreneurs à Bettviller et Hoelling, ont contribué, à leur façon, au rétablissement du pays, tout comme de nombreux menuisiers et sculpteurs venus des mêmes régions, auxquels on a eu recours pour remeubler les églises restaurées ou reconstruites. Dans l'état actuel de la recherche, il reste toutefois très difficile d'apprécier leur rôle dans le renouvellement des formes architecturales à l'époque, leur contribution se limitant peut-être à des tâches d'exécution liées à des savoir-faire ancestraux. Il en sera tout autrement, quelques dizaines d'années plus tard, quand les ingénieurs militaires français chargés de la reconstruction de la citadelle de Bitche fourniront des plans d'église en conformité avec les canons traditionnels en vigueur dans la région, introduisant cependant une certaine monumentalité, caractéristique de l'architecture militaire, et laissant peu de place au décor.
La situation de la région sur les marges de la Lorraine catholique entraînant l'affirmation d'une foi vive face aux protestants des pays voisins, confortée par une vieille tradition religieuse d'une bonne partie des émigrants, explique la prédominance du patrimoine religieux, qui a laissé son empreinte dans le paysage artistique. Une empreinte toujours renouvellée, tant les mentalités restent profondément ancrées dans leurs traditions. Aujourd'hui, le Pays de Bitche continue à être tourné vers les régions limitrophes, en particulier vers le Palatinat, puisqu'une bonne partie de la population active migre journellement en Allemagne vers les centres industriels et commerciaux des environs de Pirmasens et de Deux-Ponts, ce qui constitue un apport capital à l'économie et au niveau de vie des habitants.
Le Pays de Bitche possède pourtant d'autres atouts, liés à la qualité des paysages et de l'environnement, mais aussi au patrimoine architectural, essentiellement militaire (la citadelle de Bitche, ses souterrains et son musée, la ligne Maginot) : l'architecture et les productions verrières inscrites dans un vaste circuit du verre ou encore les musées conservant des témoignages d'un artisanat traditionnel (les sabots à Soucht, la meneurie au moulin d'Eschviller). Un éventail de possibilités touristiques que, depuis plusieurs années maintenant, le Parc régional des Vosges du Nord a réussi à développer. Somptueux Pays de Bitche en ses automnes flamboyants et ses printemps subtiles et nuancés, jouant sur la gamme infinie des couleurs, pays de la forêt mais aussi des vastes horizons, pays du verre et de l'eau, profondément marqué dans son paysage par une longue tradition religieuse : des lieux et des hommes à décourir, à apprécier » (Le Pays de Bitche, p. 15).
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