Le ruisseau de la Horn et ses affluents

La Horn (en allemand Hornbach) est une rivière d'environ 48 kilomètres de long, affluent du Schwarzbach, qui prend sa source en France et se dirige vers le Palatinat allemand dans lequel elle pénètre après un parcours de 21 kilomètres. Elle arrose avec son bassin le Nord-Est du département de la Moselle, plus particulièrement le pays de Bitche, le Sud-Ouest de la forêt palatine, le pays de Zweibrücken et le Sud-Est du Palatinat sarrois. Ses trois affluents majeurs sont la Trualb, la Schwalb et la Bickenalb.

Hydrographie

La rivière, appelée également Bitscherbach, naît sur le territoire du camp militaire de Bitche, dans le flanc ouest de la célèbre colline du Hochkopf, le point culminant du pays de Bitche. Immédiatement, le jeune ruisseau se fond dans les eaux irisées de la petite pièce d'eau de l'Entenbaechel. Il la traverse et se faufile par les marécages qui conduisent au bel étang de Hasselfurth. Elle le quitte pour se suivre l'étroit vallon qui guide ensuite sa course jusqu'à Bitche. Son cours se fait moins capricieux et plus raisonnabme depuis que les édiles municipaux ont remplacé le gouffre insalubre, vestige du grand étang de la ville, par le parc municipal du Stadtweiher, original et attrayant. Pour ceux qui s'y promènent, quelle belle leçon de choses quotidienne que de voir la course inexorable du temps, poussant devant lui les saisons et s'attardant avec mélancolie aux bulbes du clocher de l'église catholique Sainte-Catherine ou s'éveillant, de pourpre et d'or, par-delà les douves de la vieille citadelle. Canalisé pour passer sous l'ancien hôpital, notre ruisseau s'échappe bien vite des anciennes fortifications de la ville et s'attarde un moment à l'ancien moulin de Ramstein.

La voici qui se faufile maintenant plein Nord, entre les friches d'anciens prés. Collectant les eaux qui lui arrivent des petits bassins-versants creusés dans ce pays de collines et de vallées étroites, elle recueille tout à tout les affluents qui naissent au fond des bois ou dans le secret des prairies humides. C'est le Schorbach, puis le ruisseau du Kamp, le Bleichbach ou encore le Schwartzbach, qui draîne la vallée de Haspelschiedt et fait don à la Horn du trop-plein de son bel étang. Vient ensuite le Grünnelsbach, accouru du plateau de Liederschiedt qui connaît bien la divine triade de Roppeviller, sculptée dans la roche gréseuse, au fond de cette sombre vallée. Évitant, par un coude subit le site du village disparu de Remschweiller, la Horn capte le ruisseau qui descend tranquillement de Schweix dans le Palatinat tout proche. Après avoir traversé les villages de Hanviller, Bousseviller et Waldhouse, elle rejoint ici la sombre Trualb qui arrive de la droite.

Les débuts de la Horn, en aval de la ville de Bitche, s'apprêtent à gonfler les eaux de l'étang de Hasselfurth. Les sources du ruisseau se situent 2000 mètres plus au sud. La petite pièce d'eau de l'Entenbaechel se situe en amont de l'étang de Hasselfurth. L'étang de Hasselfurth, en amont de la cité bitchoise, est traversé par la Horn.

Sur la longueur des 12 kilomètres suivants, le cours d'eau est nommé différemment sur chaque rive ; après de brusques soubresauts qui, entre Dorst et Rolbing, le font courir dans tous les sens, il forme la frontière d'État entre Rolbing la Lorraine et Riedelberg la Palatine. La Horn entre alors dans l'arrondissement allemand du Palatinat-Sud-Ouest ; la Felsalb la rejoint de la droite au Kirschbacher Mühle, sur la commune de Dietrichingen, et elle prend la dierction de l'Ouest. Elle gagne alors la ville de Hornbach à laquelle elle donne son nom, dans laquelle elle reçoit les eaux de la Schwalb, arrivant de la gauche depuis Volmunster. La verte vallée poursuit désormais son cours vers le Nord. C'est à ce moment que la Horn est surplombée par la route fédérale 424 (Bundesstraße 424), qui relie Schweyen à Hornbach, ainsi que par une piste cyclable aménagée sur l'ancien parcours du Hornbachbahn., conduisant autrefois de Zweibrücken à Brenschelbach. Après Althornbach, les eaux de la Horn quittent alors l'arrondissement du Palatinat-Sud-Ouest pour entrer dans le quartier de Rimschweiler, dépendant de la ville-arrondissement de Zweibrücken.

Arrivant de la droite, la Bickenalb, qui jaillit dans le canton de Rohrbach-lès-Bitche et parcourt quelques kilomètres en Sarre, la rejoint juste avant le quartier d'Ixheim. La Horn est canalisée après l'autoroute fédérale 8 et se jette par la suite dans le Schwarzbach dans le quartier de Bubenhausen (à ne pas confondre avec le Schwarzbach venant de Haspelschiedt et le Schwarzenbach ou ruisseau d'Eppenbrunn venant de Walschbronn, tous deux affluents de rive droite). Trois kilomètres plus loin, ses eaux rejoignent la Blies, s'écoulant vers le sud et retrouvant la France à Bliesbruck avant de se mêler à la Sarre à Sarreguemines, après un parcours de 93 kilomètres depuis la source. L'eau de la Horn est peu minéralisée, très douce avec un ph s'abaissant en-dessous de 4, ce qui est exceptionnellement acide pour une eau naturelle. Les causes principales sont au nombre de trois : le substrat gréseux ; les acides humiques libérés par les aiguilles des résineux, notamment l'épicéa et le pin sylvestre ; les formations tourbeuses présentes dans les fonds de vallées. La qualité de l'eau, en principe exceptionnelle vu l'absence de toute pollution ayant pour origine une activité humaine, est parfois perturbée par la présence de matières organiques en provenance des étangs. Ces divers facteurs rendent la vie piscicole très problématique à l'amont de Bitche.

Trualb

La Trualb est un ruisseau d'une longueur de 10 kilomètres environ, affluent du Hornbach. Elle arrose avec ses affluents l'extrême Sud-Ouest de la Forêt du Palatinat (Pfälzerwald), le Sud-Est du pays de Zweibrücken et le Nord-Est du pays de Bitche. Le cours d'eau prend sa source en-dessous de l'écart du Hochstellerhof et prend la direction de l'Ouest à travers la vallée de l'Ungertal vers le village de Trulben, puis passant par les moulins du Trulber-, Schweixer- et Hilstermühle. Le ruisseau du Eppenbrunnerbach, de même gabarit, se jette dans la Trualb au niveau du Trulbermühle. En contrebas du Hilstermühle, le ruisseau abandonne son parcours allemand et se dirige désormais vers la Lorraine dans le Parc naturel des Vosges du Nord. Il traverse le village de Walschbronn et conflue à Waldhouse avec la Horn. Une importante nécropole vinking se situe au niveau du cours supérieur de la Trualb. Le Hornbach est parfois appelé Trualb avant son passage par la ville éponyme.

Le village de Walschbronn est traversé par la Trualb, avant sa confluence avec la Horn dans le village voisin de Waldhouse. La Horn lors de sa traversée de la ville de Bitche, à l'emplacement de l'ancien étang du Stadtweiher, transformé en parc municipal. Le village de Bettviller en 1936, traversé par la Bickenalb.

Bickenalb

La Bickenalb est un ruisseau d'une longueur de 23 kilomètres environ, affluent de la Horn qui jaillit en Lorraine et se dirige vers la Sarre et enfin la Rhénanie-Palatinat. Elle arrose avec son bassin le Nord-Ouest du pays de Bitche et le Sud-Est de l'arrondissement de la Sarre-Palatinat. Le cours d'eau prend sa source près du village de Petit-Réderching avant de prendre la direction du Nord-Est vers Bettviller puis Erching et son écart Guiderkirch, formant la frontière franco-allemande le long de la D 84. La Bickenalb pénètre alors dans la Sarre-Palatinat et longe la L 110 à travers les villages de Peppenkum et Altheim jusqu'à la frontière avec la Rhénanie-Palatinat, qui se situe juste avant l'écart de Bickenaschbacherhof, appartenant à la ville-arrondissement de Zweibrücken. Après avoir traversé Mittelbach, la Bickenalb se jette dans la Horn du côté droit, juste avant le village d'Ixheim.

Utilisation

Selon certains documents historiques, la Horn et ses affluents ont été utilisés au XVIIe siècle pour le flottage des bois de la région, destinés à l'exportation vers la Hollande. La Horn actionnait également au XIXe siècle les moulins de Bitche, Ramstein, Ochsenmühle, Schwingmühle, Hanviller, Bousseviller, Waldhouse, Dorst et Rolbing, sur la seule partie française de son parcours. Les différents cours d'eaux ont aussi été utilisés pour l'irrigation des prairies, pratique malheureusement tombée en désuétude durant les années 1950 et ayant abouti à des portions de ruisseaux où le cours d'eau n'est plus réellement canalisé et s'étend en un marais.

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